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On ne gère pas l’eau comme on gère des paquets de lessive …

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Depuis 20 ans on s’inscrit dans une spirale descendante et c’est de pire en pire d’année en année, mais on s’obstine à garder les mêmes modes de gestion qui nous enfoncent ; on va atteindre le point de non retour …

Les agences ont adopté une gestion purement administrative de l’eau sans tenir compte du cycle naturel, elles ont placé tous les acteurs (particuliers, agriculteurs et industriels) en tant que consommateurs alors que d’un point de vue climatiques l’impact n’est pas du tout le même … on ne gère pas l’eau comme on gère des paquets de lessive !

Notre modèle climatique c’est la forêt, elle capte 70% des pluies, ce qui veut dire que 70% des pluies servent à entretenir le cycle de l’eau. Pour simplifier : quand vous évaporez 70 litres d’eau vous récupérez 100 litres de pluie. Autrement dit la pluie qui tombe c’est le mélange de 70% d’évaporation continental et 30% d’évaporation en mer. Le bilan hydrique de la végétation est toujours positif, mais il est proportionnel : moins vos plantes vont évaporer d’eau moins vous aurez de pluie … On a besoin de pluie régulière l’été donc il faut une végétation vivante et massive l’été sur un maximum de surfaces (villes et campagnes) .

C’est pour cette raison qu’il ne pleut pas au Sahara, mais avant de perdre ses arbres ce désert était une forêt … Voilà exactement ce qui nous attend !

En climatologie une forêt produit de la pluie alors que pour les agences un arbre consomme de l’eau …

Les agences ont présenté les prélèvements d’eau de la façon suivante :

46% pour l’agriculture , 34% pour l’eau potable et 12% pour l’industrie.

Présenté comme ça il est évident qu’en cas de manque d’eau on réduit d’abord la part agricole et pourtant c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire.

D’abord parce que 34+12=46, donc si toute l’eau (potable et industrielle) était recyclée pour l’arrosage (ou ré-infiltrée) on diviserait par deux les prélèvements dans les nappes phréatiques … c’est déjà inscrit dans le code de l’environnement …

Ensuite parce que l’irrigation l’été sert à entretenir une végétation vivante qui alimente le cycle de l’eau, donc la part agricole fait partie des 70% « incompressibles ». Donc si on manque d’eau l’été il faut augmenter les surfaces irriguées en faisant des réserves l’hiver et depuis 20 ans on fait exactement le contraire …

Et enfin, les sols artificialisées (villes) détournent massivement les pluies vers la mer sans infiltration ou utilisation. Les villes et l’industrie pompent autant que l’agriculture dans les nappes phréatiques sans jamais les alimenter, alors que l’agriculture ne prélèvera jamais plus d’eau qu’elle n’a infiltré (un champs irrigué ne peut pas consommer plus d’eau que la pluie qu’il reçoit annuellement) .

L’agriculture est le seul secteur d’activité économique qui a un bilan hydrique positif, le seul capable de nourrir la planète, le seul à se battre pour faire des réserves d’eau l’hiver et le seul à entretenir le cycle de l’eau l’été … Pourtant c’est le seul qui est attaqué massivement par les agences dès qu’il y a des problèmes d’eau !

Cette très mauvaise gestion a des conséquences dramatiques sur le climat et sur la biodiversité, parce que c’est essentiellement le cycle de l’eau qui régule les températures dans les basses couches de l’atmosphère (quand l’eau s’évapore elle absorbe beaucoup d’énergie (entropie) ) et parce que toutes les chaînes alimentaires sont basées sur la biodiversité des sols, un sol sec c’est un sol mort. Et l’été on laisse des millions d’hectares exposés au soleil après les moissons. La PAC impose et finance un couvert végétal pour justement protéger les sols mais on coupe l’eau l’été dans les champs … Un simple retour de l’eau des villes dans les champs résoudrait TOUS nos problèmes sans contrainte supplémentaire pour les consommateurs. Ce n’est pas grave de mettre de l’eau dans les toilettes , ce qui est extrêmement grave c’est de la recycler pour la jeter dans les rivières alors que les campagnes (qui nous nourrissent) sèchent !

Pour les agences l’irrigation est un problème pour le climat c’est la solution ! Si aujourd’hui on reboisait complètement la France il faudrait attendre encore 20 ans pour que les arbres jouent pleinement leur rôle climatique … on sera tous mort avant !

Autre fait aggravant : la destruction des barrages !

Les nappes phréatiques profondes sont alimentées par les nappes superficielles elles mêmes alimentées par les pluies et tous les points d’eau de surface. Les nappes profondes s’épuisent l’été par des prélèvements importants mais surtout par une suppression des eaux de surfaces . On a entrepris un vaste projet de destruction des barrages pour rétablir la continuité biologique des cours d’eau, les bassins versant se vident plus vite, l’eau s’infiltre moins, résultat on a des inondations l’hiver, des rivières sèches l’été et des nappes qui sont moins alimentées … les anciens avaient construit ces retenues justement pour avoir de l’eau … Nous on en manque et on détruit …

Toute l’eau qui nous manque l’été est passée par chez nous l’hiver, il suffisait de la retenir …

Dans deux ans il sera trop tard, c’est CET HIVER qu’il faut construire des réserves d’eau et de TOUTE URGENCE !

« On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés «  Albert Einstein

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